Article initialement publié dans LeProgres.fr
Le 27 mai 2022, une voiture était entrée en collision avec un tracteur. Le passager, un homme de 20 ans, est décédé des suites de ses blessures. Le conducteur, qui roulait sans permis, en ayant fumé du cannabis et à une vitesse excessive, a été condamné à trois ans de prison dont la moitié avec sursis.
Le 27 mai 2022, en fin d’après-midi, une Audi A3 roulait à vive allure sur la D17, dans la commune dombiste de Romans, et était sortie d’un virage en empiétant sur la voie de gauche. Le conducteur avait entamé une manœuvre de dépassement d’un tracteur, sans voir qu’il tournait sur sa gauche pour s’engager sur un chemin forestier. Le conducteur avait sauté sur les freins mais n’avait pu éviter la collision.
Des traces de freinage sur 68 mètres
Son passager, un garçon de 20 ans était inconscient quand il avait été dégagé de la carcasse du véhicule par les pompiers. Il était décédé quelques jours après à l’hôpital. Sur la chaussée, les gendarmes avaient relevé des traces de freinage sur 68 mètres, signe que la voiture roulait à une vitesse folle. Des témoins avaient d’ailleurs confirmé qu’elle circulait à vive allure, l’un d’eux croyant même à une course-poursuite avec la moto qui suivait la voiture.
Pour couronner le tout, le conducteur n’avait pas le permis de conduire et il était positif aux stupéfiants après avoir fumé du cannabis. Dix-huit mois après, le conducteur, un homme de 25 ans, a comparu devant le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse pour homicide involontaire, mais aussi récidive de conduite sans permis et sous l’empire de stupéfiants. Manifestement sans avoir beaucoup réfléchi à la gravité des faits qui lui étaient reprochés.
Il a beaucoup ergoté sur l’absence, selon lui, de clignotant signalant que le tracteur tournait à gauche. Et il a expliqué qu’il roulait sans permis car il « n’avait pas le choix », en raison de son travail. La présidente du tribunal a longuement, et vainement, tenté de lui faire comprendre qu’il « avait le choix », comme tout conducteur qui ne sait pas conduire ou n’a plus le droit de le faire, celui de trouver un autre moyen de transport. La magistrate a d’ailleurs souligné qu’au moment de l’accident, il ne revenait pas de son travail mais de chez un proche. « Et sans oublier que votre passager était, lui, titulaire du permis de conduire ».
« Vous n’aviez pas le niveau pour conduire, voilà tout »
S’agissant du cannabis, il a juré qu’il avait arrêté de consommer, tout en se présentant devant ses juges sans les analyses pouvant l’attester. « Je ne suis pas bien d’avoir ça sur la conscience. J’aurais préféré mourir à la place de mon pote. Et maintenant j’ai passé mon code et je ne veux plus mettre personne en danger », a quand même assuré le chauffard.
« Heureusement que la famille de la victime n’est pas venue pour entendre tout ça », a déploré Me Audineau. « Au nom de quoi vous vous autorisiez à conduire ce jour-là ? Ce n’était pas pour emmener une femme en train d’accoucher à l’hôpital ou pour sauver quelqu’un. Vous aviez raté le permis, vous n’aviez pas le niveau pour conduire, voilà tout », a rappelé la procureure adjointe Sophie Taupin.
« Certains accidents sont causés par des fautes minimes, mais quand on cumule tout ce qui peut conduire à un drame, on est impardonnable », estimait la magistrate du parquet. Elle a requis quatre ans de prison dont un avec sursis probatoire.
« C’est un homme maladroit, qui donne une impression de nonchalance, mais il sait qu’il est le seul responsable de cet accident », plaidait Me Vialle pour le prévenu.
Le tribunal a ramené la peine à trois ans de prison dont la moitié avec sursis probatoire.
Frédéric Boudouresque
