Condamné pour trafic de cannabis,
il revendique un « bizness de pochons »

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Article initialement publié dans LeProgres.fr

Thématiques : Bourg-en-Bresse, Fait divers, Justice, Maintien de l'ordre, Trafic de stupéfiants, tribunal correctionnel

Le 4 janvier, un jeune homme qui était recherché par la police depuis huit mois a été condamné pour trafic de stupéfiants. À l’audience, il s’est présenté comme un simple consommateur de cannabis, ainsi qu’un « revendeur de pochons », ces sachets en plastique dans lesquels est conditionné le cannabis.

Ce jeune homme de 25 ans était recherché par la police depuis le 4 mai 2023. Ce jour-là, après plusieurs semaines d’enquête et de surveillance dans le quartier du Pont des Chèvres, les policiers avaient interpellé une « nourrice ». Une femme qui stockait chez elle de la drogue pour un revendeur. Ils avaient saisi 250 g de résine de cannabis, 54 g d’herbe et 48 g de cocaïne, des balances ainsi qu’une comptabilité. Et la « nourrice » avait confirmé leurs soupçons, avouant qu’elle était payée 100 euros par semaine en plus d’un morceau de shit.

La « nourrice » arrêtée, il avait subitement disparu

Pendant leurs surveillances, ils avaient observé le manège d’un jeune garçon qui venait, matin et soir, récupérer des stupéfiants chez elle avant de faire le tour des points de deal. Tous les deux ou trois jours, c’est un autre, le jeune homme de 25 ans, surnommé « Boulox » selon l’enquête, qui se rendait chez elle, en portant parfois un sac semblant assez lourd.

« J’achetais des pochons par lot de mille à Lyon et les revendais à Bourg »

Pas un inconnu pour les policiers. Condamné deux fois, en 2017 et 2021, pour trafic de stupéfiants, il était sorti de prison en décembre 2022, avec une interdiction de séjourner à Bourg-en-Bresse.

Mais à peine la « nourrice » arrêtée, il s’était évanoui dans la nature, et sa ligne téléphonique présumée avait cessé de fonctionner. Ce n’est que le 1er janvier qu’il a été interpellé lors d’un contrôle routier dans le Bugey lors duquel il a donné une fausse identité. Désigné comme l’organisateur de ce petit trafic, il a tout nié en garde à vue, expliquant qu’il ne faisait qu’aller fumer des joints chez la « nourrice » et qu’il revendait seulement des « pochons » vides, ces pochettes plastiques utilisées pour conditionner le cannabis.

À l’entendre, il ne se savait même pas recherché et il avait passé ces longs mois à Toulon. Impossible pour les policiers de vérifier certains de ses dires puisqu’il a refusé de déverrouiller son téléphone, une infraction pour laquelle il a été jugé, en plus du trafic, le 4 janvier par le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse.

Sa disparition ? « Simple coïncidence » selon lui

Il a maintenu sa version, revendiquant un simple « bizness de pochons », achetés par lot de mille à Lyon et revendus à Bourg « pour une plus-value », « ce qui n’est pas interdit ». « Les policiers ont une boule de cristal pour savoir ce que j’avais dans ces sacs ? », a ironisé le jeune homme, alors que la présidente lui faisait remarquer qu’il avait été observé avec un sac semblant bien lourd pour contenir de simples pochons.

Sa disparition le 4 mai, la ligne téléphonique cessant d’émettre, sa « cavale » ? De simples « coïncidences » selon lui. La fausse identité donnée lors du contrôle ? « J’avais trop bu d’alcool. »

Condamné à un total de 42 mois de prison

« Des explications fantaisistes », a déploré la substitute du procureur Camille Vigneron, qui constatait aussi qu’il n’avait « pas amené le moindre élément sur ce qu’il a fait depuis le 4 mai ». Elle a requis dix-huit mois de prison, avec maintien en détention, et la révocation d’un sursis de douze mois.

« Il n’est pas interdit de vendre des pochons vides, il faut le relaxer », estimait Me Manon Vialle. Bakary Cissé a finalement écopé de trente mois de prison et la révocation du sursis de douze mois.

• Frédéric Boudouresque
• Conformément à notre charte, nous mentionnons l’identité des personnes condamnées à partir d’un an de prison ferme avec mandat de dépôt, ou de deux ans de prison (ferme ou avec sursis).

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