Violences sur une femme enceinte : le compagnon condamné et écroué

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Article initialement publié dans LeProgres.fr

Thématiques : Ambérieu-en-Bugey, comparution immédiate, défense pénale, tribunal correctionnel, violences conjugales

Le 17 avril, une jeune femme enceinte de six mois avait été frappée au sol par son compagnon, qui lui avait également dérobé ses papiers et sa carte bancaire. Il a été condamné le 22 avril en comparution immédiate et maintenu en détention.

Mercredi 17 avril, en fin d’après-midi, à Ambérieu-en-Bugey, les gendarmes étaient alertés de l’agression d’une jeune femme en bas d’un immeuble. Elle était au sol, en pleurs, et venait de se faire arracher son sac à main. L’agresseur, mis en fuite par un témoin, s’était emparé de la carte d’identité et de la carte bancaire de la victime.

Arrêté peu après, il s’agissait en réalité du compagnon de la jeune femme, et père de son futur enfant, avec qui elle vivait une relation compliquée, émaillée de violences, de séparations et de réconciliations, mais aussi de consommation de toxiques, alcool pour lui et cocaïne pour elle. Ensemble depuis deux ans et demi, ils s’étaient rencontrés dans l’Hérault avant d’échouer dans un foyer de Bourg-en-Bresse en novembre 2023. Un foyer dont l’homme avait été exclu en raison de sa violence.

Le 17 avril, l’homme l’avait retrouvée chez des amis. Et rapidement, la situation avait dégénéré. Il avait porté un coup au ventre de sa compagne, enceinte de six mois. Elle l’avait repoussé, et il l’avait frappée au visage. Avant que l’agression ne se poursuive en dehors de l’appartement et qu’il ne soit mis en fuite par un témoin.

« Ils ont construit une relation toxique »

Placé en garde à vue, cet homme de 27 ans a reconnu les faits. Interrogé sur des faits antérieurs, il a argué qu’il s’agissait de violences réciproques. « J’étais énervé mais c’est pas normal de l’avoir frappée. Pour le coup de pied au ventre, j’ai pas réfléchi à ce que je faisais », a expliqué le prévenu, lors de son procès le 22 avril devant le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse.

Il avait déjà été condamné pour des violences sur sa compagne, en janvier 2023 à Narbonne (Aude), mais n’avait pas assisté à son procès pas plus qu’aux quatre précédents, essentiellement pour des faits de vol.

Entendue à la barre, la jeune femme enceinte n’a pas voulu enfoncer son agresseur : « Je ne veux pas lui interdire de voir sa fille qui va naître. Mais il faut qu’il prouve qu’il va changer. »

« Ce sont deux personnes instables et ils ont construit une relation toxique », constatait Me Enu, son avocate. « Il faut protéger cet enfant qui va naître », estimait la substitut Vignon. « Il l’a frappée à l’endroit le plus fragile physiquement et psychologiquement. » Elle a requis un an de prison, dont quatre mois avec sursis probatoire, et un maintien en détention.

« Le maître mot dans ce dossier, c’est la dépendance, à l’alcool pour lui, à la cocaïne pour elle, et affective pour les deux », plaidait Me Viale pour le jeune homme. La peine a été portée à quinze mois, dont sept avec sursis probatoire.

F.B.


Si vous êtes témoin ou victime de violences conjugales et/ou d’un danger immédiat composez le 17. Si vous souhaitez vous confier sur de tels faits auprès d’un interlocuteur spécialisé dans le cadre d’une écoute gratuite et anonyme, contactez Violence femme info au 39 19. Ce service gouvernemental est accessible 7 jours/7 et 24 heures/24.

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