Il avait agressé sexuellement sa petite amie : « Je me voyais comme un monstre »

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Article initialement publié dans LeProgres.fr

Thématiques : tribunal correctionnel

Un jeune homme de 21 ans était jugé, mardi 4 mars, par le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse pour des faits commis sur son ancienne petite amie en 2022, dans une commune du Bugey. À l’époque, ils étaient âgés tous les deux de 18 ans et étaient en couple depuis quelques mois.

Le jeune homme qui s’est présenté devant le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse, mercredi 4 mars, avait 18 ans quand les faits qui lui sont reprochés se sont produits. C’était en 2022, dans une commune du Bugey. Ce jour-là, il passe la soirée chez sa petite amie du même âge qui vit encore au domicile familial. Des amis sont invités pour le dîner et, en les attendant, le jeune couple profite d’un moment d’intimité.

Stress post-traumatique

« Vous avez voulu avoir une relation sexuelle à ce moment-là, mais elle vous a dit que ce n’était pas le moment, que les amis allaient arriver. Malgré le « non » qu’elle a exprimé, vous avez insisté, allant jusqu’au cunnilingus et à la pénétration avec votre doigt, explique le président du tribunal en s’adressant au prévenu. Vous êtes poursuivis pour agression sexuelle car les faits ont été requalifiés. » Le prévenu risquait en effet un procès devant la cour d’assises de l’Ain pour viol.

« Le début de l’acte s’est passé normalement, il était consenti, raconte l’accusé. À un moment, elle m’a repoussé, mais avec l’excitation, j’ai mis du temps à comprendre et j’ai continué, ça a duré trente secondes. » Ce soir-là, le jeune homme s’effondre et reconnaît immédiatement les faits, restés cachés pendant plusieurs mois par les deux parties. Ce sont ses confidences à lui à des amis, en février 2023, et son mal-être apparent, qui ont mené à la révélation et au dépôt de plainte de la jeune femme. « Je me scarifiais la peau, je me voyais comme un monstre », poursuit-il à l’adresse du tribunal. Dans la salle, la victime écoute son ancien petit ami, décrit comme « un jeune homme doux et attentionné ». L’avocate de la jeune femme n’y va pas par quatre chemins pour rappeler les conséquences de cette agression.

« Des faits de viol » requalifiés

« Les faits, ce sont bien des faits de viol, correctionnalisés et reconnus. C’est important pour elle de l’entendre car elle souffre de stress post-traumatique et elle a dû arrêter ses études. » Dans ses réquisitions, la procureure de la République a rappelé que le refus avait été « clairement exprimé » et les faits reconnus.

« Ils sont très graves, mais je ne pense pas qu’il y ait de risque de récidive pour l’avenir. » Un argument appuyé par la défense : « Dans ce type de dossier, rares sont ceux qui reconnaissent pleinement les faits. » Autant d’éléments pris en compte par le tribunal qui a condamné le prévenu à un an d’emprisonnement avec sursis et à indemniser sa victime.

Mathilde Villeminot

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